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Contexte historique de l'Afghanistan
Depuis plus de 30 ans, la population afghane est exposée à une série de conflits qui ont engendré une détérioration sociale et une situation constante d´atteinte aux droits de l'homme.
En 1973, le roi est destitué suite à un coup d´état soutenu par son cousin et appuyé par l'URSS. Après plusieurs gouvernements provisionnels, en 1979, le pays est envahi par l'URSS pour des raisons stratégiques. Les Etats-Unis, le Pakistan et l'Arabie Saoudite aident le peuple afghan et c'est alors que les premiers réfugiés afghans émigrent dans les pays limitrophes. La guerre entre l'Afghanistan et l'URSS a duré 10 ans. Après le retrait des troupes soviétiques, une guerre civile éclate entre différentes factions extrémistes en quête de pouvoir. Finalement, c'est l'Alliance du Nord qui gagne, mais elle impose pendant son offensive militaire une politique de terreur sur la population, par le biais de tortures et tout type d´atteinte aux droits de l'homme.
Entre août 1994 et septembre 1996, les talibans (groupe d'étudiants en théologie de la région de Kandahar), épaulés, entre autres, par les Etats-Unis qui défendait ses propres intérêts économiques, profitent du contexte politique chaotique et lancent une attaque. Ils s´approprient alors plusieurs capitales du pays. Kandahar, Ghazni et enfin Kaboul sont conquis par les talibans. Sur tout leur territoire, les talibans imposent une vision restreinte de l'Islam, n'ayant rien à voir avec les préceptes de cette religion: séparation des hommes et des femmes en public ; interdiction pour les femmes d´occuper un poste de travail, d´avoir accès à une éducation et à un système sanitaire, ou de se promener seule dans la rue, prohibition d'activités dites impies comme jouer au football ou avec un cerf-volant, aller au cinéma, etc.… Ils modifient également la législation pénale afin d´appliquer des lois et des peines plus sévères, qui portent atteinte aux droits de l'homme.
Outre la catastrophe humanitaire provoquée par les diverses guerres, une série de tremblements de terre secoue le nord du pays en mai 1998 et cause plus de 5.000 morts. En août de la même année, les Américains lancent une attaque aérienne en réponse aux attentats perpétrés contre les ambassades de Nairobi et de Dar es-Salaam, où plus de 300 personnes perdent la vie. Il semble que les attentats étaient organisés par le millionnaire saoudien Oussama Ben Laden, leader de la bande terroriste Al-Qaeda, qui se réfugiait en Afghanistan. En septembre 1999, l'ONU impose des sanctions contre le régime taliban car il refuse de livrer Ben Laden.
Comme on pouvait s'y attendre, l'isolement des talibans empire après les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés à New York. Le 7 octobre 2001 Américains et Britanniques débutent les bombardements stratégiques.
En même temps, au sein de l'Afghanistan une résistance contre les talibans surgit mais composée de deux mouvements différents: l'Alliance du Nord, dénommée Front Uni, et reconnue comme organisation légitime par la communauté internationale et la faction menée par l'ancien monarque Zahir Shah, exilé en Italie, est devenu un des candidats pour diriger la transition en cas de démantèlement du régime intégriste. Après les accords de Bonn, la Loya Jirga est convoquée et c'est finalement Hamid Karzai qui, assisté par les Etats-Unis, assume la responsabilité du gouvernement provisoire. Dans ce contexte politique, social et économique, comme dans tous les conflits, c'est la population civile qui souffre le plus, devenant alors la cible potentielle de constantes violations des droits de l'homme. Et, comme dans tous ces types de situation, les civils subissent aussi les effets des dommages collatéraux: manque d´aliments, de médicaments, de logements et de travail, que provoque l´arrivée de milliers de réfugiés. |