Español

Català

English

Français

   
Inicio Présentation Projects Actualités Histoires Bibliothèque Contact
     
Accueil » Histoires » Récits » 2008 » Parisa
Historias

Récits

Parisa

 

HISTOIRES

 

D'autres récits:

 

ELLE NOUS A LAISSÉS AUJOURD'HUI

Parisa

Elle a 18 ans et est arrivée à l'hôpital d'Herat il y a dix jours, avec 95% de son corps brûlé par auto-immolation.

Lorsque son père est mort, du temps des Talibans, la mère est partie avec ses enfants encore très jeunes travailler en Iran, où Parisa a pu aller à l’école (jusqu’à la 4e primaire) avec ses deux grandes sœurs.

Elle s’est mariée à 16 ans avec un cousin direct de deux ans plus âgé qu’elle. Il travaille dans une boulangerie et est analphabète. D’après Parisa, il souffre d’un certain retard mental dû aux mauvais traitements que son père lui infligeait lorsqu’il était petit. Ils vivent avec les beaux-parents et les quatre beaux-frères encore enfants. Le beau-père a un petit commerce d’alimentation.

Après seulement trois mois de mariage, son mari a commencé à la maltraiter tous les jours. Elle semble l’en excuser à cause de sa déficience mentale. Dans la maison il y a deux groupes: celui des hommes et celui des femmes (la belle-mère, qui est aussi sa tante, prend toujours sa défense), mais les hommes refusent de subvenir aux besoins des femmes (nourriture, vêtements, de quoi se chausser) et leur interdisent de circuler librement.

La mère de Parisa avait essayé plusieurs fois d’intervenir dans le conflit en intercédant auprès de son beau-fils. Elle en est même arrivée une fois à le dénoncer à la police. Ceux-ci l’ont emmené au commissariat où ils l’ont tabassé et ensuite l’ont ramené à la maison. La situation ne s’est pas améliorée, au contraire.

Le beau-père avait dit à son fils que s’il ne tuait pas Parisa, lui-même s’en chargerait.

Le jour où Parisa s’est enflammée, sa mère avait été de nouveau à sa maison pour parler avec son beau-fils, ce dernier et son père l’ont battue et l'ont chassée de la maison. Ils ont ensuite interdit à Parisa et à son fils de 50 jours d’aller avec elle. Le beau-père a fermé la porte à clef et Parisa s’est enduit tout le corps d’huile de cuisine et a commencé à menacer de s’immoler s’ils n’ouvraient pas la porte pour la laisser passer. Son beau-père lui a répondu qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait, que ça lui était égal d'aller en prison.

Parisa l’a fait. La belle-mère et un cousin l’ont secourue et emportée à l’hôpital.

Le mari et le beau-père ont été incarcérés, mais ils semblent avoir été déjà libérés. La belle-mère/tante s'occupe du bébé. Parisa a peu d’espoir, mais si elle sort, elle dit qu’elle ira vivre avec sa mère. Les médecins nous répètent qu’il n’y a pas d’espoir, nous, nous l’avons toujours, aujourd’hui elle a mangé un peu et marché aussi un peu.
 


Localisation web: Estrella Escudero (Universidad de Salamanca)
 

Haut de la page

 
       

D'autres récits:

ACAF Associació de Cooperació per Àfrica, Amèrica i Àsia   [acaf@acafnet.org]

  c/. Riereta nº 4 -Hotel D'Entitats- 08830 Sant Boi de Llobregat - Barcelona España - © 2006 Tel (+34) 936.617.281 / 638.336.978 - Fax. 936.305.783