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JOURNAL DEPUIS L'AFGHANISTAN (6)
(Alfredo García Morales)
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2009

Le purgatoire
Hérat - Afghanistan - 25/03/2009
Vivre dans le purgatoire contient la
difficulté de ne pas savoir si l'on ira au ciel ou en enfer,
si notre karma nous permettra d'évoluer ou reculer. Loin de
toute religion, la référence vient du fait que, ce pays,
l'Afghanistan, est à un pas des deux destins, le ciel et
l'enfer, évoluer ou pas...
Ce pays après avoir été “récupéré”a été forcé à s'établir
fermement au milieu de deux mondes, et les options peuvent
être tellement simple comme entre la vie et la mort, ou le
dévouement au travail pour la vie et travailler pour“ma” vie.
La mal nommée, communauté internationale, car elle a
beaucoup de commun et peu d'unité, a débarqué dans ce pays,
où elle passait avec opulence devant les natifs qui la
regardait, et après tant d'années, avec de l'indifférence et
de la résignation, en voyant comment "sa cause" est l'excuse
de tant de personnes pour expérimenter avec un peuple qui
n'a pas besoin d'expérimentation et oui, qui a besoin de ce
que nous savons tous, de l'aide, simple et désintéressée.
Mais cette aide n'arrive pas, ne nous atteind pas, indigne
et plus que tout décourage les gens qui pensent que les
expérimentations nécessitent des rats et des singes pour
connaître leur dénouement, et ce village n'est ni l'un, ni
l'autre, c'est simplement un semblable que la vie a puni de
tout son poids.
Le purgatoire nous donne l'opportunité de nous racheter (je
fais seulement référence au concept, non à la religion, ni à
la théorie de celle-ci), mais ce que l'on remarque, c'est
que dans ce purgatoire l'on peut commencer une nouvelle vie,
c'est un lieu où l'on arrive pour se purifier mais on ne
termine jamais de se purifier et on recommence avec toutes
ses faiblesses " humaines".
La grande majorité des personnes qui viennent en mission en
Afghanistan le font avec l'intention sincère de collaborer
avec un pays et un peuple qui en a vraiment besoin, qui se
voit clairement qui est au bord du gouffre et que l'on
continue à pousser. Les personnes qui pour ces lieux
souhaitent mettre en oeuvre leurs inquiétudes, leurs envies
ou vocation de rendre service, sans pour autant renoncer,
comme il est logique, à une propre vie, lesquelles
ressortent sans aucuns doutes de la majorité pour leurs
valeurs et convictions, n'arrête pas d'être un exercice
d'ego personnel pour lequel nous canalisons nos besoins de
rendre service. Mais qu'en définitif c'est notre besoin et
pas celui des autres, et nous l'appliquons, dans le plupart
des cas, à notre manière.
Afghanistan est aujourd'hui pire qu'hier et mieux que demain,
les talibans encerclant les villes et contrôlent déjà une
grande partie du pays. La corruption emboîtée ébranle à tous
les niveaux, et la drogue générer 90% du PIB. L'injustice,
l'impunité est absolue, où 30 années de guerre ont empêché
que justice soit faite et les bourreaux continuent à être
les rois. La communauté internationale a investit tellement
d'argent dans ce pays que s'il avait été utilisé de la bonne
manière, aujourd'hui tous les afghans nous montrerais
comment on vit.
L'aide à la sécurité, pour laquelle a été dépensé d'immenses
fortunes, qui se comptabilise dans “l'aide” au peuple afghan
et avec ce même argent ont été tué par “erreur” plus de 4000
afghans, et ce ne sont pas juste des chiffres, ce sont plus
de 4 000 histoires réelles, comme celle d'un jeune de 14 ans
qui quand il entend les avions, il sort en courant et
ensuite après que la bombe soit tombée, il voit passer au
dessus de sa tête des morceaux de son père, sa mère et ses
frères.
Où sont financées tant d'armées qui se
tirent dessus car les soldats ne sont même pas encadrés et
ils ont tellement peur que devant le doute, ils tirent sans
réfléchir.
C'est pour cela que de macro à micro, ce pays continue à
“souffrir” de l'aide internationale, depuis les organismes
internationaux monstrueusement grands, où l'objectif se
dilue tellement que leur travail devient complètement
inutile, une communauté de pays qui veulent "aider" le
peuple en offrant de la nourriture, qui se vend maintenant
dans les magasins du pays et qui ne profite qu'aux “vivants”
de toujours.
Mais à côté de toute cette “aide” il y a des personnes
prêtes et qui sont ce qui a de plus professionnel dans la
communauté internationale, avec des salariés qui ne laissent
pas donner lieux à des préoccupations "mondaines", mais qui
malgré tout, ne se rendent pas compte que sept années d'aide
au peuple afghan leur a seulement apporté de la douleur
ainsi que de la honte à la communauté internationale.
Des personnes qui ne travaillent plus pour la vie, mais pour
leur propre vie, et qui finissent donc par mal faire leur
travail. Ces personnes devraient se faire une auto-critique
et renoncer, ne plus occuper des postes qu'elles ne savent
pas occuper ou qu'après tant d'années, elles n'aient pas de
résultats.
Ce pays n'est pas un pays qui accepte les erreurs, ni les
expérimentations. Il n'est pas possible de profiter de la
conjoncture pour escalader les échelons et obtenir des
profits
Si c'est vrai que le purgatoire existe et sert à reconnaître
le destin de chacun, ce lieux s'appelle Afghanistan et ils
sont plus nombreux ceux qui vont en enfer que ceux qui
montent au ciel.

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