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JOURNAL DEPUIS L'AFGHANISTAN (4)
(Gloria Company, présidente de ACAF)
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mars 2009

En rétrospective...
“Cela fait sept jours que je suis rentrée d’Afghanistan, et le portrait que je dresse de ce pays aujourd’hui, est celui d’un chaos total sous l’apparence d’une situation de normalité La plupart du territoire est totalement en guerre mais non déclarée Oui on en parle, mais on ne s’intéresse pas à l’échec de la communauté internationale, autant de l’OTAN que de l’ISAF et des différentes agences internationales. Beaucoup d’intérêts et peu d’humanité envers le peuple afghan.
Ma vision après six années de voyages réguliers et dix années de travail dans cette zone, est celle de nombreux changements mais mal planifiés, autant de la part des forces extérieures que celle des propres afghans. Les afghans se croient déjà assez adultes pour avancer seuls vers l’avant, et ne s’intéressent qu’à l’argent qui peut leur être donné, sans arrivé à être autocritiques et à reconnaître le manque de compréhension entre eux ainsi que de la nécessité de quelques années de plus d’aide extérieure pour apprendre à travailler de manière adéquate. L’orgueil afghan est excessivement fort pour qu’ils puissent s’en rendre compte.
Ces quelques lignes je les avais écrites lorsque je venais juste d’arriver en Espagne, en juin dernier. Je les ai relu pour vérifier si ma vision actuelle était toujours la même…tout peut changer dans ce monde (Gloria Company, présidente de ACAF).

29.10.2008
Mercredi, départ de Madrid pour Dubaï

30.10.2008
Jeudi, arrivé à Kaboul.
Arrivée à Kaboul à 10h30 heure locale (trois heures de plus qu’en Espagne). Nous avons passé une nuit blanche, après 26 heures depuis le décollage du premier avion, et de s’être réveillé 3 heures auparavant. Nous avons pris trois avions, avec un total de 11 heures de vol réel, le reste en changement de terminaux, en attentes et résolutions de problèmes douaniers, policiers et achat de billets avec les lignes afghanes. Toute une odyssée réalisée en pleine nuit, fatigués, dans des pays islamiques et ignorant l’opulence du terminal de Dubaï en contraste avec celui du tiers monde d’Afghanistan.
L’arrivée à Kaboul après tant de voyages est déjà en soi une routine qui nous réussit bien par pure habitude. Ce qui n’est pas pareil, c’est entrée dans la propre ville de Kaboul, ma perception à part du va-et-vient chaotique habituel, c’est qu’il c’était passé « quelque chose ». Ce quelque chose, nous l’avons appris plus tard, c'était une attaque de deux kamikazes sur le Ministère de l’éducation faisant 24 morts et autres blessés. Bienvenue! Et bien, que d'attentats cette semaine dans la capitale! Résultat: nos mouvements réduits à zéro étant vendredi et jour férié. Nous avons du rester dans notre logement jusqu’au départ de l’avion pour Hérat, le samedi matin. On aura au moins pu se remettre complètement de la fatigue de notre voyage.

01.11.2008
Samedi, Kaboul-Hérat
Retrouvaille avec le personnel afghan de ACAF, le personnel du Ministère de la femme (la présidente nous attendait à Kaboul pour discuter avec la ministre, mais elle dut rentrer plus tôt que prévu car son unique neveux de sept ans venait de mourir noyé dans un ruisseau ; nous espérons faire cette interview ,en suspend, au retour) et nos chères bénéficiaires, brûlées, auto-immolées, et celles qui ne font partie d’aucunes de celles-là mais qui trouvent dans notre centre un certain soutien, à travers des formations ou du soutien psychosocial.
Notre centre respire le brouhaha et la confusion comme tout le reste de l’Afghanistan, mais aussi la joie et l’espérance en le futur. Je suis satisfaite. Je suis émue lorsque je voie tant de femmes unies par la complicité, en train de se parler, attentives aux explications du professeur et nous souriant avec gratitude. C’est dans ces moments là que je me dis que tout ce qui a été réalisé vaut la peine, continuons vers l’avant, les choses se mettent en place comme il le faut. Par la suite, peut-être à cause du travail en soi, la restructuration et l’augmentation de celui-ci, j’ai des difficultés à me rendre compte des bienfaits de ce qui a été réalisé
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